Molière, École des femmes, acte V, scène 4

Assignment: Molière, École des femmes, acte V, scène 4

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Introduction

Jan Miernwoski



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[vers 1482-1525]

ARNOLPHE, le nez dans son manteau
Venez, ce n’est pas là que je vous logerai,
Et votre gîte ailleurs est par moi préparé,
Je prétends en lieu sûr mettre votre personne.
Me connaissez-vous?

AGNÈS, le reconnaissant 
                       Hay!

ARNOLPHE
                     Mon visage, fripponne,
Dans cette occasion rend vos sens effrayés,
Et c’est à contrecoeur qu’ici vous me voyez:
Je trouble en ses projets l’amour qui vous possède.
                       ( Agnès regarde si elle ne verra point Horace.)
N’appelez point des yeux le galant à votre aide,
Il est trop éloigné pour vous donner secours.
Ah! ah! si jeune encor, vous jouez de ces tours!
Votre simplicité, qui semble sans pareille,
Demande si l’on fait les enfants par l’oreille,
Et vous savez donner des rendez-vous la nuit,
Et pour suivre un galant vous évader sans bruit.
Tudieu
 comme avec lui votre langue cajole!
Il faut qu’on vous ait mise à quelque bonne école.
Qui diantre tout d’un coup vous en a tant appris?
Vous ne craignez donc plus de trouver des esprits?
Et ce galant la nuit vous a donc enhardie?
Ah! coquine, en venir à cette perfidie!
Malgré tous mes bienfaits former un tel dessein!
Petit serpent que j’ai rechauffé dans mon sein,
Et qui , dès qu’il se sent, par une humeur ingrate,
Cherche à faire du mal à celui qui le flatte!

AGNÈS 
Pourquoi me criez-vous?

ARNOLPHE
                                             J’ai grand tort, en
effet.

AGNÈS
Je n’entends point de mal dans tout ce que j’ai fait.

ARNOLPHE
Suivre un galant n’est pas une action infâme?

AGNÈS 
C’est un homme qui dit qu’il me veut pour sa femme:
J’ai suivi vos leçons, et vous m’avez prêché
Qu’il se faut marier pour ôter le péché.

ARNOLPHE
Oui, mais, pour femme, moi, je prétendais vous prendre,
Et je vous l’avais fait, me semble, assez entendre.

AGNÈS 
Oui, mais, à vous parler franchement entre nous,
Il est plus pour cela selon mon goût que vous.
Chez vous le mariage est fâcheux et pénible,
Et vos discours en font une image terrible;
Mais, las! il le fait, lui, si rempli de plaisirs
Que de se marier il donne des désirs.

ARNOLPHE
Ah! c’est que vous l’aimez, traîtresse.

AGNÈS
                                        Oui, je l’aime.

ARNOLPHE
Et vous avez le font de le dire à moi-même!

AGNÈS 
Et pourquoi, s’il est vrai, ne le dirais-je pas!

ARNOLPHE
Le deviez-vous aimer, impertinente?

AGNÈS 
                                                      Hélas!
Est-ce que j’en puis mais? Lui seul en est la cause,
Et je n’y songeais pas lorsque se fit la chose.


Conclusion
François Bunel, Acteurs de la commedia dell'arte

François Bunel, Acteurs de la commedia dell’arte (fin du XVIe s.)